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Pourquoi les hommes noirs préfèrent les femmes blanches ?

Un patient m’a récemment dit : « Je me rends compte qu’à presque 50 ans, je ne suis sorti qu’avec des femmes blanches. Jamais une seule femme noire et pourtant je suis un homme noir. Je me demande pourquoi ?« 

J’ai partagé cette anecdote sur mon compte Instagram et j’ai lancé la discussion avec mes abonnés. Tous les témoignages cités ici, sauf mention contraire, sont issus de cette conversation.

Une étrange question

A priori, les choix amoureux des uns et des autres ne sont pas à remettre en question. Chacun fait ce qu’il veut, à partir du moment où les partenaires sont consentants.

Poser la question « Pourquoi les hommes noirs préfèrent les femmes blanches ? » est un brin provoquant car elle fait d’un cas particulier une généralité, et joue le jeu des stéréotypes que je dénonce souvent ici.

Mais si je choisis de commencer ainsi c’est que les remarques et les interrogations soulevées nous ont menées jusqu’à interroger l’impact psychologique du racisme dans la sphère de l’intime.

L’endogamie comme norme sociale

En terme de formation de couples, il a été constaté que l’endogamie, ou « l’homogamie inter-ethnique » est la norme quel que soit le groupe social considéré. La plupart des gens sont en couple (ou mariés), avec une personne qui vient du même pays, qui parle la même langue ou qui a le même niveau social qu’eux.

Au niveau de la nationalité par exemple, l’INED a montré qu’en 2018, les mariages mixtes ne représentaient que 15% des mariages célébrés en France. Etants plus rares, il peut donc paraître étrange de constater une fréquence élevée de couples mixtes dans une situation donnée.

« J’ai quatre frères (noirs), seuls deux sont déjà sortis avec une femme noire. Aujourd’hui, ils sont tous en couple avec des femmes blanches ».

Dans cette famille, 100% des frères sont en couple avec des femmes blanches. Constat également questionnant lorsque l’on regarde les photos des épouses des joueurs de l’équipe de France de Football (ici en 2016). La plupart des compagnes de joueurs sont blanches (ou non-noires) alors que l’équipe est régulièrement critiquée au regard de la trop grande présence de joueurs noirs ou arabes.

Quillet Lucille – « Euro 2016, les femmes de footballeurs couvrent la compétition sur Instagram » – Madame Le Figaro (13/06/2016)

Lilian Thuram, l’un des plus célèbres footballeurs de l’équipe de France, connu également pour son combat contre le racisme, est revenu sur le sujet à l’occasion de la publication de son nouvel ouvrage « La pensée blanche ». Il cite les propos de ses coéquipiers étonnés de voir que toutes les femmes de sa vie sont noires. L’un d’eux lui demande « Mais t’es raciste ?!« . Comme si un homme noir qui gagne beaucoup d’argent devrait naturellement choisir une femme blanche pour parfaire son statut.

L’endogamie est la norme pour la plupart des gens, mais perçue comme une anomalie lorsqu’elle concerne les hommes noirs à succès.

« Il est tout à fait anormal d’observer une telle exogamie chez les hommes noirs dirigée quasi-exclusivement vers les femmes blanches européennes : étrange non ? À ma connaissance et sauf erreur de ma part, on n’observe pas un tel phénomène exponentiel d’exogamie aussi orienté chez les autres groupes d’hommes. C’est dire qu’il y a là quelque chose de profond qui se joue (beaucoup de facteurs y contribuent) et qui induit cette anormalité que tout un chacun peut constater empiriquement. »

Un choix (in)volontaire

En soi, le couple mixte n’est pas un problème. Encore une fois, chacun fait ce qu’il veut tant que les partenaires expriment un consentement libre et éclairé.

Comment peut-on expliquer que certains hommes noirs, comme mon patient, n’aient eu que des compagnes blanches ?

La discussion a soulevé plusieurs pistes. La première réponse est la simple attirance, chose qui n’est pas à discuter ici. Une autre explication peut être sociologique : le manque d’opportunités avec les femmes noires en raison de la faible présence de celles-ci dans le cercle social fréquenté (travail, amis, famille, loisirs, etc.). Un homme noir évoluant dans un milieu blanc aura mathématiquement plus de chances d’être en couple avec une femme blanche qu’avec une femme noire.

Mais ce qu’il y a d’étonnant et de questionnant, c’est que ce choix peut être totalement conscient et explicite.

« Mon cousin (qui devait avoir la vingtaine à l’époque) m’a dit un jour qu’il ne pourrait jamais faire sa vie avec une Noire. Il préfère les Blanches. Quand je lui ai demandé pourquoi ? Il m’a répondu « Tu as vu le modèle de Noires que j’ai chez moi ? Je ne veux pas de femme comme mes deux folles de soeurs ». Malgré mes explications sur le fait qu’il ne pouvait pas voir toutes les noires comme ses soeurs, il n’a rien voulu entendre. Pour lui, c’est foutu, il ne pouvait pas changer d’avis ».

L’impact du racisme : quand les femmes noires sont considérées comme indésirables

« Ces derniers jours une vidéo a fait polémique, un jeune homme noir s’offusquait que le rappeur Ninho (d’origine congolaise) présente sa fiancée et que celle-ci soit noire. Il trouvait que Ninho avait tout fait foiré avec ce choix de femme malgré sa carrière en pleine explosion. »

Au vu de ces réactions, il semble que la question à poser ne soit pas « Pourquoi les hommes noirs préfèrent les femmes blanches ? » mais plutôt « Pourquoi certains hommes noirs rejettent les femmes noires ?« .

La réponse à cette question se trouve dans le poids des stéréotypes et du racisme intégré par les hommes noirs. Le racisme est une idéologie selon laquelle les groupes humains se distinguent en différentes « races » hiérarchisées avec « la race blanche » tout en haut de l’échelle et « la race noire » tout en bas, au milieu se trouvent les autres groupes (Asiatiques, Arabes, etc.).

La pensée raciste associe aux Blancs des croyances positives et valorisantes alors que les Noirs sont le plus souvent associés à des croyances négatives et dévalorisantes (j’ai réalisé une étude empirique sur le contenu des stéréotypes associés aux Noirs de France dans ma thèse en 2013, voir partie II, pp. 155-188).

Ces croyances ont un impact sur la manière dont nous traitons les informations, sur nos attitudes avec les préjugés (jugements a priori) et sur nos prises de décisions (discriminations, traitements injustes et inégaux).

Les femmes noires sont négativement stéréotypées dans la société. Elles sont dépeintes comme agressives, en colère, ayant un fort caractère ou encore sauvages (voir la littérature sur la « angry black Woman » ou « femme noire en colère »). Alors que les femmes blanches sont souvent associées à des croyances positives comme douces, intelligentes, raffinées, faciles à vivre ou romantiques.

« En tant qu’homme noir j’ose le dire, parce que j’ai longtemps été sous l’emprise de cette aliénation que j’ai dû déconstruire peu à peu en me cultivant et en questionnant cet engouement irrationnel (de mon point de vue) que j’avais pour les femmes blanches européennes (…). Cette préférence est travaillée et façonnée au travers de la construction sociale et la stigmatisation dont est victime la femme noire au sein des sociétés occidentales. Il faut adjoindre à cela le fait que la femme blanche européenne est en permanence érigée en parangon de beauté et de vertus.

Ces stéréotypes négatifs expliqueraient en partie pourquoi certains hommes noirs rejettent les femmes noires. C’est parce que celles-ci sont présentées comme non-désirables et ne leur permettant pas de se défaire de la domination dont ils sont eux-mêmes les objets.

La particularité ici, que l’on ne retrouve pas ailleurs, c’est ce rejet des femmes appartenant à son propre groupe à cause de croyances initiées par des théories racistes. Ce rejet relève de l’aliénation et de la haine de soi.

« Le Noir qui veut blanchir sa race est aussi malheureux que celui qui prêche la haine du Blanc » Frantz Fanon.

Le poids du colorisme

Les femmes noires sont perçues comme non désirables à cause des stéréotypes négatifs cités précédemment mais aussi à cause du colorisme.

« Je suis métisse (père noir, mère blanche) et j’ai conscience du privilège d’avoir la peau claire et d’attirer des personnes qui veulent quelqu’un de « noire mais trop » ».

Le colorisme est une dérive de l’idéologie raciste qui consiste à hiérarchiser les personnes en fonction de leur degré de mélanine. Plus les personnes sont claires de peau, plus elles sont considérées comme belles, intelligentes, et désirables. Au contraire, plus les personnes sont foncées de peau, plus elles sont considérées comme moins belles, moins intelligentes, moins raffinées et surtout moins désirables.

« En tant que femme noire foncée, le rejet vécu aussi bien par les hommes noirs que le confort des femmes plus claires (lightskins ou métisses) à nous passer constamment devant avant qu’on devienne à la mode a participé à un sentiment de «trahison» que je pouvais ressentir. »

Le colorisme n’est pas spécifique à la communauté noire. Partout où il y a des carnations plus ou moins foncées, l’on retrouve les mêmes croyances. En Asie, en Amérique du Sud, dans les pays Maghrébins, un peu partout dans le monde les femmes sont incitées à éclaircir leur peau afin de correspondre aux standards de beauté. Les femmes foncées de peau sont les véritables victimes de ce système raciste.

Les hommes noirs : coupables ou victimes ?

Certains témoignages viennent nuancer notre propos sur les hommes racisés en évoquant leur statut de victimes d’un fétichisme racial.

Ma mère est blanche et mon père est maghrébin. (…) je vois un certain nombre d’homme maghrébins (…) qui se mettent avec des blanches qui ont soit un rapport de fétichisation avec eux et leurs corps, leurs supposées performances sexuelles soit avec leur posture sociale (le fantasme du banlieusard) ».

Dis comme cela, les femmes blanches sont présentées comme responsables du fétichisme envers les hommes noirs ou maghrébins. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Nous ne pouvons pas leur imputer toute la responsabilité de la surreprésentation des couples mixtes dans certaines situations.

Les hommes noirs ne sont-ils pas aussi dans la fétichisation lorsqu’ils choisissent volontairement des femmes blanches ?

Pour conclure…

Dans cet article, j’ai essayé d’amorcer la discussion sur l’impact psychologique du racisme dans le domaine amoureux. Il y a énormément de questions et de témoignages que je n’ai pas pu partager pour maintenir la cohérence du texte. Par exemple, je n’ai pas parlé de la relation entre femmes noires et hommes blancs, la valorisation du métissage dans la société française, le désir d’intégration, l’absence de couples noirs du paysage médiatique ou encore le ressentiment lorsque l’on se sent explicitement rejeté.e par son semblable.

« Si aujourd’hui il y a encore débat sur les couples mixtes noirs/blancs c’est que le fond du problème, c’est à dire, le passif entre le peuple blanc et noir et tout ce qui en découle, n’a pas encore été réglé. Et les générations d’aujourd’hui ne font que vivre les dommages collatéraux. « 

Sommes-nous acteurs ou victimes ?

J’invite chacun à se questionner sur sa position et les conséquences de ses actions individuelles sur la diffusion et la persévérance des théories racistes. Nous avons vu que le domaine amoureux n’en est malheureusement pas exempt. Mais comme l’a dit l’une de mes abonnées « Un couple s’unit aussi pour se compléter donc les différences ne doivent pas être des obstacles« . 

Et vous, que pensez-vous de cette thématique ?

N’hésitez pas à participer à la discussion en commentaires, dans le respect et la bienveillance, merci.

Pour aller plus loin :

Frantz Fanon. « Peaux noires, masques blancs » (1952). Paris : Seuil.

Podcast : A l »intersection, épisode 6 « Fétichisme racial et racisme sexuel » (2021).

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Interview pour National Geographic : « Racisme systémique, le poids des stéréotypes »

J’ai eu le plaisir et l’honneur d’être interviewée par Manon Mayer-Hilfiger pour National Geographic. L’article porte sur le racisme systémique et le poids des stéréotypes.

Je suis ravie de voir que de plus en plus de médias s’intéressent au sujet.

Extrait de l’article :

« À seulement dix-neuf ans, Kelly porte déjà en elle un certain nombre de complexes et d’angoisses. Pas uniquement parce qu’elle sort de l’adolescence. La jeune femme subit des moqueries et insultes racistes depuis son entrée au lycée. Un jour, un père souffle à son fils : « mets ton masque, ça va sentir mauvais » en la fixant. Un événement loin d’être isolé.

Au sein des murs de son internat, ce cliché raciste circule plus vite que le variant anglais du coronavirus. «J’y entends tout le temps que les Noirs ont une mauvaise odeur » soupire-t-elle. Kelly vit dans la peur de confirmer cette image digne de l’époque coloniale et multiplie les stratagèmes pour éviter d’apporter de l’eau au moulin de ses détracteurs. « Avant chaque sortie, je prends une douche, qu’importe l’heure, et je mets une double dose de parfum. Même si mes amies m’assurent que je sentais bon avant d’effectuer tout ce rituel. »

Kelly n’est pas la seule à se contorsionner pour ne pas confirmer des préjugés. De nombreux stéréotypes pèsent sur les personnes racisées.

Racky Ka, docteure en psychologie sociale, autrice d’une thèse sur le sujet, en a identifié une quinzaine en France concernant les Noirs. Parmi eux, « Les Noirs sont des étrangers », « ont une forte odeur » « parlent fort », « vivent en banlieue » ou encore « sont moins intelligents ». « Ce sont des croyances sociétales que tout le monde connaît sans forcément y adhérer. Les personnes noires savent que les autres les considèrent d’abord par leur couleur de peau car ils ne les connaissent pas personnellement. Ainsi, elles anticipent.  Elles mettent plus de parfum, parlent doucement ou encore font bien attention à ne pas arriver en retard».

Un poids psychologique que supportent également les personnes définies comme asiatiques ou arabes, elles aussi renvoyées à un certain nombre de clichés. Ainsi, les personnes définies comme arabes sont stéréotypées « agitées », « agressives » ou « insolentes », selon une étude qui date de 2001. « Il y a probablement eu une évolution de ces clichés» précise Michaël Dambrun, l’un des auteurs de l’enquête. Difficile d’en savoir plus : il n’y a pas de données récentes sur le sujet. « En France, les recherches sur la menace du stéréotype chez les minorités ethniques sont encore rares » indique Racky KaMais pour Sarah, étudiante en commerce, ces préjugés continuent encore de peser lourd. « On tente de ne jamais se faire remarquer. On essaye de minimiser notre existence. Si une personne blanche revendique des choses, on dit qu’elle a du caractère. Si c’est nous, c’est tout de suite l’Arabe, la sauvage qui crie. C’est très frustrant d’avoir à se museler parce que l’on a peur de virer dans les clichés racistes que l’on a intériorisés. Cela met beaucoup de pression au quotidien» témoigne la jeune femme. » Lire la suite.

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Pourquoi deux Noirs sont toujours confondus entre eux ?

Crédit Photo : Edward Cisneros – Unsplash

Cette semaine, je suis tombée sur un post Facebook d’une maman racontant les mésaventures de sa fille à l’école: « Ma fille me dit que sa maîtresse a souvent tendance à l’appeler par le prénom d’une de ses camarades de classe, qui est aussi noire, parce que soit disant, elles se ressemblent (…) pourtant, les autres, elle ne les confond pas« .

Ce n’est pas la première fois que j’entends une histoire pareille. Il suffit que deux personnes noires soient présentes dans un même espace, une même classe, une même équipe ou une même entreprise pour qu’elles soient systématiquement confondues par les autres. La raison la plus souvent avancée est qu’elles se ressemblent trop et qu’il est impossible de faire la différence. Alors que objectivement, elles ne se ressemblent pas vraiment.

Du coup, j’ai demandé à mes abonné.e.s sur Instagram si cette situation leur était déjà arrivée ?

UNE EXPERIENCE VECUE A TOUT AGE

J’ai reçu de nombreux témoignages qui laissent penser que cette expérience arrive à tout âge. Enfants à l’école, adolescents au collège, adultes au travail ou à l’université, personne n’est épargné.

Extraits :

« C’est ce que vit ma fille depuis le début d’année avec une autre fille qui a le même teint qu’elle. Mais c’est leur seul point commun. Physiquement, elles ne se ressemblent pas du tout. Je sais que dans l’esprit de certains, tous les Noirs se ressemblent et c’est fatiguant à force de ne pas être considéré comme un être à part entière« 

« Oh, alors ça ça arrive tellement! L’histoire qui m’a le plus marquée c’était avec une autre stagiaire dans un stage en Ministère. Nos prénoms ne se ressemblaient absolument pas. L’une de nous avait les cheveux toujours détachés et lissés, l’autre attachés, l’une avait des lunettes et l’autre pas, l’une était métisse et l’autre pas. On ne travaillait pas sur les mêmes sujets, on n’est pas du tout restées le même temps et pourtant beaucoup se trompaient de prénom« .

« Oui, Cela m’est aussi arrivé, lors de la réunion de rentrée des infirmières de l’éducation nationale, un des directeurs de la direction académique a interpellé une personne noire par mon nom de famille, en lui demandant de s’asseoir. (…) Ou des collègues qui m’appellent par le prénom d’une autre collègue, et c’est toujours des collègues blancs qui se trompent.« 

UNE CONFUSION INVOLONTAIRE OU VOLONTAIRE ?

La confusion de la part des collègues / enseignants non-noirs peut être considérée comme involontaire à partir du moment où elle s’explique par la croyance selon laquelle « tous les Noirs se ressemblent ».

Cette croyance peut fortement influencer le traitement des informations en ne prêtant attention qu’à celles qui vont dans le sens de nos opinions. C’est ce que l’on appelle le biais de confirmation.

MAIS parfois, on se demande si cette confusion n’est pas volontaire. Notamment lorsque cette absence de différenciation se retrouve aussi par e-mail :

« J’avais une collègue antillaise, avec un nom français et moi j’ai un nom à consonance maghrébine. On ne se ressemblait pas du tout mais on nous confondait TOUT LE TEMPS. Je recevais des mails adressés à elle et elle des mails adressés à moi. On lui parlait du Maroc et à moi on me disait « tiens c’est marrant, on entend de moins en moins ton accent des Antilles quand tu parles » (alors que ni elle ni moi n’avions d’accent particulier). Et quand on nous voyait côte à côte on nous disait « WoW c’est surprenant, vous pourriez être soeurs » 

Pire… il arrive aussi que les autres décident de ne pas vous appeler par votre prénom…

« Ça m’est arrivé plus grande à la fac (en master, c’est pour dire… ). Mon amie et moi portions le même nom de famille. Alors certains camarades ne cherchaient pas spécialement à nous différencier. C’était les *notre nom* et sans cesse les profs n’arrivaient pas à nous différencier alors que nous ne nous ressemblons absolument pas (teint, style, visage, etc.) »

« On m’a appelée par un autre prénom pendant un an durant un stage. Autre prénom Maghrébin qui n’a rien à voir avec le mien parce que « celui là est plus joli » par 2 personnes du personnel médical qui avaient une énorme autorité dans le service. »

…Ou que cette confusion se fasse dans le temps :

« J’habite dans un tout petit village, nous étions la seule famille africaine et très peu d’enfants noirs dans le collège. Deux de mes enseignants m’ont appelée à deux reprises par les prénoms de deux autres filles noires qui étaient dans leurs classes respectives au moins 3 ans avant moi (et donc, plus présentes dans le collège au moment des faits). Morale de l’histoire, on se ressemble tellement toutes qu’on peut même être confondues sur du long terme ».

Refuser de reconnaître l’autre comme un être unique et distinct des autres, lui attribuer un autre prénom sans lui demander son avis, nier son identité et ne pas le considérer comme l’humain qu’il est, c’est de la déshumanisation.

LES NOIRS AUSSI CONFONDENT LES AUTRES

Dis comme ça, on a l’impression que cette confusion des visages ne concerne que les Noirs. Mais parmi mes abonnées, des enseignantes noires ont aussi témoigné de leur confusion envers les enfants d’autres origines ethniques :

« Je suis noire, prof en collège et il m’arrive souvent de confondre les élèves maghrébins, ou chinois, ou blancs… en début d’année et parfois je fais même des rechutes en cours d’année. Avec le grand nombre d’élèves qu’on a, c’est quelque chose qui arrive souvent quand deux élèves ont à peu près le même « profil » (brunes, maghrébines, petites et minces par exemple) ».

COMMENT L’EXPLIQUER AU NIVEAU COGNITIF ?

Ce phénomène peut s’expliquer par ce que la cognition sociale appelle homogénéisation exo-groupe et hétérogénéisation endo-groupe.

L’homogéneisation exo-groupe est cette tendance à percevoir les groupes extérieurs aux vôtres comme étant homogènes. Et donc à percevoir ses membres comme se ressemblant tous (physiquement et psychologiquement) et à leur associer des stéréotypes (croyances partagées / idées reçues). Alors que l’hétérogéneisation endo-groupe, c’est cette tendance à voir les différences entre les membres des groupes auxquels vous appartenez.

Finalement, c’est une question de familiarité. Plus vous êtes familiers avec un groupe ethnique donné, plus vous arrivez à faire la différence entre ses membres.

Une enseignante noire dit : « Je suis pareille je les confonds, surtout les blondes. Les brunes ça va encore. Mais tous les autres, j’arrive a faire la distinction (…) Je pense aussi que le fait d’avoir grandi en cité où Indiens, Turcs, Chaldéens, Chinois, Berbères et bien sûr Noirs (vivent ensemble) a fait que mon oeil s’est habitué. Au travail, je n’essaie même pas de les appeler car même leur prénom m’échappe. »

Des études montrent la même chose concernant la perception visuelle: il est plus facile de reconnaître les visages des personnes de notre groupe ethnique (Gomes et. al, 2019)

UNE QUESTION DE VOLONTE….

Même si les explications de la psychologie cognitive permettent d’y voir plus clair, la question de la volonté à mon sens reste centrale car quand on veut, on peut !

« Je suis noire mais (…) quand j’ai commencé à regarder des séries coréennes, je n’arrivais pas à suivre et je confondais tout le temps les personnages. Je me suis sentie honteuse. Après quelques épisodes, j’ai commencé à faire totalement la distinction entre les personnages. Je me demande souvent si ce n’est pas aussi le cas pour les blancs ? (…) j’ai l’impression qu’ils ne font pas l’effort tout simplement. J’ai fini par reconnaître tous ces visages parce que j’y avais un intérêt et pour mieux comprendre ces histoires. »

….OU DE RACISME ?

Quand on parle des Noirs et des différentes problématiques qui les atteignent, les questions des stéréotypes / préjugés et du racisme ne sont jamais bien loin.

La différence entre ces enseignantes noires qui n’arrivent pas à distinguer les petites filles blondes de leurs écoles et les deux employées noires qui sont systématiquement confondues au travail, c’est le nombre. D’un côté, une majorité et de l’autre, une minorité.

Alors que justement, lorsqu’un élément est minoritaire voire unique dans une situation donnée, on a tendance à le remarquer et à parfaitement l’identifier.

Pourquoi confond-on DEUX personnes noires dans la même entreprise ?

Les travaux de Fabio Lorenzi-Cioldi ont montré que cette perception homogène VS. et hétérogène des membres des groupes dépend aussi du statut social. Les dominés sont perçus de manière homogène (ce sont tous les mêmes), alors que les dominants sont perçus comme tous différents.

Pensez aux patrons de grandes entreprises, aux milliardaires, aux célébrités. Vous aurez tendance à les distinguer les uns des autres et à ne surtout pas les mettre dans le même sac. Alors que les pauvres, les chômeurs, les banlieusards, sont perçus comme une masse uniforme.

« Au collège, j’avais remarqué que pour décrire une personne blanche, les gens s’attardaient sur tout ce qui la rendait unique (ses goûts, ses traits de personnalité, ses habitudes…). Mais pour nous c’était toujours simplement « c’est un.e black/renoi » (« noir » étant manifestement un gros mot) à croire que juste indiquer notre origine ethnique c’est tout dire de nous, pas besoin de décrire davantage, les stéréotypes feront le reste. Comment faire la distinction entre plusieurs personnes noires si on s’arrête à leur couleur de peau ? »

C’est aussi ça le racisme : penser que les Blancs sont supérieurs aux autres, et en tant que groupe supérieur, ils sont tous différents entre eux. Alors que les Noirs et les Arabes, auxquels on associe les croyances liées à la pauvreté ou à l’infériorité, sont perçus comme similaires entre eux.

POUR REPONDRE A LA QUESTION….

« Pourquoi deux noirs sont confondus entre eux ? » C’est à la fois à cause de facteurs sociologiques comme la familiarité, de facteurs psychologiques et motivationels, ainsi que des croyances, stéréotypes et préjugés issus des théories racistes.

Que faire si vous êtes dans ce cas ? Essayez l’effet miroir : appelez-les par un autre prénom et dites-leur que vous les confondez avec quelqu’un qui ne leur ressemble pas du tout. Et utilisez leur réaction pour leur faire comprendre ce que vous ressentez.

C’est en ne laissant pas passer ce type d’incidents que nous changerons les choses, chacun.e à notre échelle.

Envie de partager votre expérience ? Laissez un commentaire !

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Prenez soin de vous.

Références :

Gomes, A., Fernandes, A. F., Ribeiro, R. & Monteiro, S. (2019). « Race effects on facial recognition: the evolution ». Annals of medicine, (51).

Lorenzi-Cioldi, F. (2009). « Dominants et dominés – les identités des collections et des agrégats »

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Qui est Blanc ? Qui est Noir ?

Qui est Blanc ? Qui est Noir ?

Drôle de question n’est-ce pas ?

L’actualité de ces derniers jours avec la mort de George Floyd aux Etats-Unis a remis au devant de la scène la thématique du racisme. Les bavures policières sont encore trop nombreuses là-bas et ici aussi en France même si on ne veut pas se l’avouer.

L’émotion grandi, les thématiques s’entrechoquent. On pense à l’Histoire : esclavage et colonisation, néo-colonisation. Aux inégalités, préjugés et discriminations avec lesquelles nous n’avons pas encore fini.

Noirs, Blancs, Asiatiques, Maghrébins sont des catégories que l’on utilise comme si ça allait de soi. Alors que non.

Revenons à la base : Qui est Noir ? Qui est Blanc ?

Mais d’abord…

Qu’est-ce que le racisme ?

Le racisme est une idéologie basée sur deux postulats :

  • Les races sont biologiques : il y aurait des différences fondamentales et essentielles entre les êtres humains qui nous permettraient de les catégoriser en différentes races. Les Blancs (les Européens), les Noirs (Les Africains), les Jaunes (les Asiatiques) et les Rouges (les Amérindiens).
  • Les races sont hiérarchisées : il y aurait un ordre entre ces « races » où les Blancs sont placés en haut de l’échelle (ils sont plus beaux et plus intelligents), les Noirs sont tout en bas de l’échelle (plus moches, moins intelligents et autres considérations négatives). Et au milieu, les autres.

Cette idéologie raciste influence la manière de penser et d’interagir les uns avec les autres. Les races n’existent pas. Ce sont des croyances fabriquées de toutes pièces à l’aide d’arguments scientifiques douteux.

Est raciste quelqu’un qui croit que les Blancs sont supérieurs aux autres. Ainsi, le « racisme anti-blancs » n’existe pas. Ce qui ne veut pas dire que la haine des Blancs n’existe pas et que les Blancs ne subissent pas d’injustices en raison de leur couleur de peau. Cela signifie juste que ce concept de « racisme anti-Blancs » est un non-sens.

Aujourd’hui, notre société a évolué officiellement sur ces sujets car le terme de « race » ne fait plus référence à des différences biologiques mais à des catégories sociales. Les Noirs, les Blancs, les Maghrébins, les Asiatiques, sont des « catégories raciales » au sens sociologique du terme car elles nous permettent de décrire des phénomènes de société.

Mais donc, qui est Noir ? Qui est Blanc ?

Considérations Physiques

Pour répondre à cette question, je citerais la réponse de Pap Ndiaye, « Est Noir celui qui est considéré comme tel » (La condition noire, 2008). Est Blanc celui qui est perçu comme tel. Car en réalité, la perception de l’autre est fondamentale dans les conséquences que cette catégorisation implique dans notre vie.

Il y a évidemment des considérations physiques. Un Noir est une personne ayant des origines proches ou lointaines avec l’Afrique sub-saharienne. Un métis, même très clair, sera toujours considéré par les autres comme étant Noir. Des métisses très clairs peuvent aussi, volontairement ou non, se faire passer pour des Blancs, c’est le White Passing.

La nature des cheveux, la forme du nez, le degré de mélanine dans la peau, toutes ces données nous influencent quand nous regardons quelqu’un. Nez épaté, cheveux crépus, couleur de peau foncée, c’est un.e Noir.e ; Nez fin, cheveux lisses et blonds, couleur de peau très claire, c’est un Blanc. Entre ces deux phénotypes, vous avez toutes les nuances possibles et imaginables.

Un Noir très clair peut passer pour Blanc, un Blanc très foncé peut passer pour Noir. Un Noir albinos ? La forme de son nez me dira si c’est un albinos africain ou un albinos européen. (pour en savoir plus, lire « Qu’est-ce qu’un Noir ? », Thèse de Doctorat R. KA, pp. 147-157)

Considérations psychologiques

Psychologiquement, vous avez le droit de vous percevoir comme appartenant à l’un ou à l’autre. Une personne métisse peut se voir comme blanche aussi bien qu’elle peut se voir comme noire. Une personne noire foncée de peau, a le droit de ne pas se reconnaître dans la catégorie Noirs.

Mais être catégorisé comme Blanc ou Noir n’implique pas la même chose. En France ou en Occident en général, les Blancs sont majoritaires. Ils se pensent donc comme étant « la norme ». Les Blancs jouissent de privilèges dont ils n’ont pas conscience. Quand vous êtes Blancs, vous pouvez aller à peu près où vous voulez, fréquenter les lieux que vous voulez, habiter où vous voulez si vos moyens financiers vous le permettent, aller en vacances où vous voulez. Vous n’avez jamais à parler au nom des autres Blancs car vous ne les représentez pas. Vous n’appréhendez pas un contrôle de police car votre vie n’est pas en danger à ce moment-là.

Quand vous êtes Noir en France, vous savez qu’à votre groupe sont associés des stéréotypes et des préjugés négatifs. C’est à dire des croyances sur vos traits de personnalité, vos compétences, vos moeurs. Même si vous ne vous sentez pas Noir, comme vous savez que l’autre vous perçoit comme tel, cela influencera votre comportement. Vous ne pouvez pas décider d’habiter où vous voulez, car soit votre dossier sera rejeté (discrimination), soit vous n’allez même pas tenter de faire votre demande de logement pour ce quartier-là (auto-censure).

En tant que Noir, vous savez que vous ne pouvez pas aller en vacances n’importe où dans le monde, il y a des pays très racistes et vous risquez d’être agressés. Vous ne pouvez pas entrer dans tous les endroits, toutes les boîtes de nuits, les tous les restaurants, car vous risquez d’être mal reçus dans certains ou carrément de ne pas être autorisés à entrer dans d’autres.

En tant que Noir, on attend de vous d’être irréprochable car au moindre faux pas, c’est tous les Noirs qui seront mal perçus.

En tant que Noir, surtout si vous êtes un jeune homme, vous avez peur au vu de la police. Vous avez 20 fois plus de chances qu’un jeune homme Blanc d’être contrôlé, de subir une garde à vue, d’aller en prison, de mourir.

Considérations économiques et sociales

Noirs et Blancs diffèrent physiquement. Noirs et Blancs diffèrent psychologiquement. Noirs et Blancs diffèrent économiquement et socialement.

Economiquement car les théories racistes au départ avaient des objectifs purement mercantiles. La période de l’esclavage transatlantique avait pour objectif d’enrichir les grandes puissances européennes en faisant travailler gratuitement des générations d’hommes et de femmes tout droit arrachés d’Afrique, pendant 400 ans.

Ces différences économiques se répercutent jusque aujourd’hui. Car l’héritage patrimonial se transmet de générations en générations. L’accès à l’emploi, aux prêts bancaires, à la propriété etc. est aussi influencé par le racisme et les discriminations, en plus du poids de l’Histoire. Il en résulte une population blanche économiquement plus avantagée que la population noire qui vit en Occident (Europe et Amériques).

Socialement aussi. L’accès à l’éducation, aux postes à hautes responsabilités et prestigieux, à l’ascension sociale, aux quartiers favorisés. Tout est influencé par ces distinctions raciales de départ. Attention, je ne dis pas que tous les Blancs sont riches et privilégiés et que tous les Noirs ne le sont pas. Il y a des Blancs pauvres aussi comme il peut y avoir des Noirs riches.

Mais quand on regarde l’échiquier racial/social ; les Noirs sont beaucoup plus souvent dans la case « pauvres et de catégorie sociale défavorisée » que les Blancs. Il y a donc de réelles conséquences à ces catégorisations raciales et sociales.

Pour finir, je dirais que l’important sur ces sujets, c’est de s’informer et de savoir que des différences existent, qu’elles sont systémiques (c’est tout le système actuel qui a été construit ainsi) et que pour les changer, il faut que chacun d’entre nous fasse un travail de déconstruction.

Soyons vigilants et bienveillants les uns avec les autres, car nous sommes tous héritiers d’un système que nous n’avons pas construit.

Pour aller plus loin :

D. Fassin et E. Fassin, « De la question sociale à la question raciale » (Ed. La découverte, 2009)

Kiffe ta race, épisode 27, « Check tes privilèges blancs » avec Eric Fassin

Robin DIANGELO, « White fragility – Why it’s so hard for white people to talk about race » (Beacon Press, 2018).

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Vous avez sûrement subi un harcèlement discriminatoire sans le savoir

Les blagues sur vos origines, vous avez horreur de ça. Pourtant, aujourd’hui vos collègues ont prit l’habitude d’en faire constamment. Au début, vous étiez gêné.e et vous avez souris, vous ne saviez pas comment répondre. Vous y avez même peut être contribué, vous avez fait une blague ou deux pour montrer que vous n’avez pas de problème avec ça, pensant que ce serait passager, anecdotique. Vous avez le sens de l’humour, une petite blague, ça ne fait pas de mal.

Mais petit à petit, ils ont prit la confiance. Ils insistent. Tous les jours, au moins une remarque, une réflexion et ils vous disent que c’est « juste une blaaaague ! ».

  • « Regarde j’ai bien bronzé, je suis aussi noir que toi ! »
  • « Toi tu dois pas avoir froid, vu tes origines »
  • « Tu es sûre que t’es pas malienne toi ? tu as beaucoup de famille ? »
  • « Je suis sûre que tu vas vouloir manger au KFC toi » 

Vous vous sentez de plus en plus mal à l’aise. Ce n’est plus drôle. Ce n’est pas drôle.

  • « Tu ne sais pas lire l’arabe ? t’es pas une vraie marocaine toi ! »
  • « Ne t’approche pas de la chinoise, tu vas attraper le virus !»

Vous leur avez demandé d’arrêter. Gentiment, au début. Puis fermement. Il n’y a eu aucun effet. Vous décidez d’en parler à votre manager. Il/elle vous dit que vous être trop susceptible, que vous n’avez pas le sens de l’humour.

« Si tu réagis comme ça, c’est que tu dois avoir d’autres problèmes personnels en ce moment non ? ». Vous attendiez une autre réponse de sa part.

Le temps passe et il ne se passe rien. Vos collègues continuent et vous vous sentez de plus en plus mal à l’aise. Vous vous isolez. Vous leur parler de moins en moins. Vous ne leur dites plus bonjour. Vous ne déjeunez plus avec eux.

Là, bizarrement, votre manager s’inquiète. Il/Elle vous convoque et insinue que c’est VOUS le problème

« Tu comprends, ce n’est pas possible de travailler avec quelqu’un qui ne respecte pas les bases de la politesse!« . Vous vous sentez incompris.e.

De VICTIME vous passez à COUPABLE.

Si vous vous reconnaissez dans cette situation, vous êtes victime de harcèlement discriminatoire.

Le harcèlement discriminatoire : définition

Si vous vivez en France, vous savez que dans notre pays, nous avons beaucoup de mal à ouvertement aborder les questions qui sont en lien avec les origines. Quand il s’agit de nommer et de décrire les discriminations raciales aux USA, il n’y a pas de problème, mais ici, nous ne voyons pas les couleurs car nous sommes un pays universaliste (cf. Article 1 de la Constitution: « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion » ).

Quoi qu’il en soit, la notion de harcèlement moral discriminatoire existe. Elle précède même les notions de harcèlement sexuel et de sexisme, qui contrairement à la question de l’origine, ont été fortement développées et sur lesquels il y a eu beaucoup de communication.

Le harcèlement discriminatoire est considéré par le Défenseur des Droits comme une forme de discrimination qui est définie comme :

« Tout agissement lié à [un motif prohibé], subi par une personne et ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ». Art. 1 de la loi n°2008-496 du 27 mai 2008. 

Ainsi, pour être qualifiée de discrimination, la situation doit réunir 3 éléments :

  • Un agissement à l’encontre d’une personne salariée ou agent public
  • Lié à un motif prohibé par la loi (il y a actuellement 25 critères de discriminations dont l’origine)
  • Qui a pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité ou de dégrader l’environnement de travail

De quels agissements parle-t-on ?

Les agissements peuvent être de l’ordre du verbal ou du non verbal (exemple: mettre une peau de banane sur votre casier ; coller sur votre bureau une publicité liée au SIDA). Les actes verbaux sont souvent sous forme de blagues (mais pas seulement) à caractère racistes, directement ou indirectement liées à l’origine (ethnique, sociale, culturelle, religieuse).

C’est aussi agir différemment avec une personne en raison de son origine, l’humilier devant tout le monde. C’est là où c’est discriminatoire car c’est un traitement inégal en fonction des origines. Ce que l’on vous fait, on ne le fait pas à d’autres.

Pour qualifier une situation de harcèlement discriminatoire, un acte unique peut suffire. C’est à dire que dès la première blague raciste ou liée à votre origine, vous pouvez porter plainte. Mais comme vous n’avez jamais entendu parler de harcèlement discriminatoire, vous continuez à supporter.

L’auteur de ces actes peut être n’importe qui dans votre entourage professionnel : collègue, supérieur hiérarchique, subordonné, personne extérieure. Cette personne exerce une pression sur vous et crée un rapport de domination.

Et quid de l’origine de la personne ?

Étonnamment, les actes peuvent provenir de personnes blanches comme de personnes qui ont des origines extra-européennes. De ce que j’observe, cela arrive très souvent. Ne croyez donc pas que le fait que votre collègue soit Noir.e/ Maghrébin.e/Asiatique/Métisse comme vous, vous protégera contre ce type de comportement. Ces personnes vont accentuer la différenciation avec vous pour montrer aux autres qu’ils/elles sont différent.e.s.

Autre point très important : l’intention de l’auteur ne compte pas. C’est pour cela qu’il/elle se justifiera en disant : « c’est juste une blague », « tu n’as pas le sens de l’humour » ou « ne le prend pas personnellement« . La loi précise bien qu’il s’agit d’un agissement « qui a pour objet ou pour effet de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ». Donc soit l’objectif est de vous offenser, soit la conséquence est que vous vous sentez offensé.e.

Ce qui compte c’est la manière dont VOUS percevez les choses. Si cela vous offense, c’est offensant. Si vous vous sentez humilié.e, c’est humiliant. POINT.

Quelles conséquences ?

Pour qualifier votre situation de harcèlement moral discriminatoire, il est important d’évaluer l’impact que ces actes (répétés ou non) ont sur vous. Il faudra donc évaluer s’il y a une dégradation de votre environnement de travail ou tout simplement de votre bien-être au travail. 

Exemple de conséquences que vous pouvez rencontrer :

  • Stress et anxiété (boule au ventre en allant au travail)
  • Alimentation (manque d’appétit / hyperphagie)
  • Sommeil modifié
  • Impact sur vos relations avec vos collègues / votre entourage
  • Confiance en vous 
  • Manque d’efficacité 
  • Retards au travail
  • Absences / Arrêts maladie 
  • Isolement 
  • Évitement de certaines personnes etc.
  • Etc.

Si vous êtes dans cette situation, sachez que votre employeur a l’obligation de sécurité et de prévention de ce type de situation. S’il manque à ses obligations, il peut être puni par la loi (voir la jurisprudence ici).

Pour info concernant les sanctions : La discrimination est punie de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende au pénal et le harcèlement moral est puni de 2 ans de prison et 30 000 euros d’amende au pénal.

Quelles sont vos solutions ?

  1. Premièrement rassurez-vous, vous n’êtes pas seul.e !! Ce que vous vivez a un nom, c’est du harcèlement discriminatoire et c’est puni par la loi.
  2. Consignez par écrit tout ce qui se passe et se dit : imprimer et conserver les échanges d’e-mail ; noter avec précision tout ce que dit la personne (date, heure, qui a dit quoi, témoins).
  3. Enregistreles conversations, si possible : cela peut ne pas être recevable par la justice mais peut vous être utile pour consigner les preuves.
  4. Informez votre supérieur hiérarchique : il a l’obligation d’agir immédiatement, de faire cesser les faits et de les sanctionner ; de vous orienter vers les bons interlocuteurs (RH, médecine du travail, cellule discrimination) et informer les instances représentatives du personnel.  
  5. Dans la mesure du possible, continuez à travailler normalement : que personne ne puisse vous reprocher quoi que ce soit de ce côté-là.
  6. Si votre employeur n’agit pas ou ignore votre demande : menez une action auprès du Défenseur des Droits.
  7. Faites-vous accompagner : psychologiquement (contactez-moi) ; prenez conseils auprès d’un.e avocat.e.

Prenez soin de vous.

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Un psychologue noir pour les Noirs ?

Faut-il un psychologue noir pour traiter les patients Noirs ?

Cette question peut paraître étonnante, mais j’ai été amenée à me la poser assez récemment. Avant d’ouvrir mon cabinet, je n’avais pas vraiment mesuré l’impact de ma personne ni de mes origines sur les potentiels patients. J’avais plutôt envie de me rapprocher des gens et de leur apporter une aide individuelle. Je voulais travailler avec toute personne ayant besoin d’aide, sans distinction de genre et surtout sans distinction ethnique.

Aujourd’hui, et quasiment chaque jour depuis un an, des personnes m’appellent et me disent directement: « Je vous contacte car je suis à la recherche d’une psychologue noire et on m’a suggéré votre nom« . Pourquoi cet attrait soudain pour les psychologues noirs ? Ou plutôt, pourquoi cette recherche spécifique d’un psychologue noir quand on est Noir ?

Comme je le raconte dans l’épisode 31 de Kiffe ta race « le coût mental du racisme« , quand j’ai commencé mes études de psychologie, j’avais l’impression que très peu de personnes noires connaissaient ce domaine. D’ailleurs, mes parents non plus ne connaissaient pas cette profession et personne dans mon entourage proche ou lointain n’avait fait d’études en psychologie. Les personnes noires que je côtoyais avaient l’habitude de dire que la psychologie « ce n’est pas pour nous« , « c’est pour les Blancs » ou bien « c’est pour les riches » ou « c’est pour les fous« . Aujourd’hui, j’ai l’impression que le sujet s’est un peu plus démocratisé.

Alors oui, d’un côté je dirais qu’il y a cette démocratisation de la profession au sein de la population noire et de moins en moins de honte à aller consulter un psychologue. Mais cela n’explique pas pourquoi demander spécifiquement un psychologue noir ? Pourquoi éthniciser la question ?

Voici quelques pistes de réponses issues de mes réflexions et de ce que je vois au quotidien :

  • Le refus de la violence du déni

Certaines personnes noires m’ont rapporté de mauvaises expériences avec des psychologues blancs. Beaucoup m’ont raconté avoir fait face au déni lorsqu’ils/elles ont raconté des situations de racisme ou de discriminations. Ils ont entendu des réflexions du type : « Vous vous faites des idées » ; « Il ne faut pas voir le mal partout« . La réalité de l’expérience du racisme ou de la discrimination est complètement remise en question. Ce qui est vécu comme une violence supplémentaire et non nécessaire.

D’autres personnes rapportent des questionnements totalement décalés qui révéleraient la totale méconnaissance des réalités culturelles. Exemple : « Il faut dénoncer vos parents et porter plainte contre eux« . Ainsi, le simple fait que le patient soit Noir et le psychologue Blanc, est une situation qui peut créer des barrières. Les patients noirs se disent qu’avec un psychologue noir, ils auraient moins de chances de faire face à ce déni qu’ils considèrent comme non nécessaire et surtout en totale contradiction avec leur désir d’aller mieux.

  • Un psychologue noir serait gage d’une meilleure compréhension

Il existerait effectivement un lien très fort entre origine ethnique du patient et origine ethnique du thérapeute. Les patients noirs présupposent qu’avec un psychologue noir, la communication serait plus facile, plus fluide, qu’il y aurait moins de choses à expliquer, à décortiquer. Et ce, même si le psychologue noir en question n’est pas spécialiste des questions de stéréotypes, de racisme ou de discriminations. Sa simple qualité de femme ou d’homme noir.e suffirait à les apaiser.

Cette connexion entre patient et thérapeute permettrait ce qu’on appelle une alliance thérapeutique. C’est à dire ce lien supplémentaire, indépendant de l’efficacité des méthodes utilisées, qui permettrait au patient d’aller mieux. Ce lien correspond par exemple à la confiance que le patient a envers son thérapeute, le degré de liberté qu’il ressent pour s’exprimer sur tel ou tel sujet, le sentiment de ne pas être jugé. Demander un thérapeute noir quand on est Noir, c’est quelque part être conscient de l’importance de cette alliance thérapeutique.

« J’ai déjà été suivie par un psychologue blanc. Et je sentais que je me censurait. Je ne pouvais pas tout lui dire. Je ne sais pas l’expliquer, mais je me suis beaucoup contenue. Au final, je n’ai pas l’impression que ce suivi m’ait servi à quelque chose ».

  • Un rôle modèle positif

Le psychologue noir représenterait un rôle modèle positif. C’est à dire une représentation positive de ce que l’on voudrait être ou de ce vers quoi nous voulons nous rapprocher. Connaître l’existence d’un psychologue noir va à l’encontre des stéréotypes et des barrières que nous nous mettons. En tant que Noir.e, nous nous disons que finalement, nous avons aussi le droit de consulter un psychologue et qu’il y a des chances pour que cette personne nous aide à aller mieux. Ce domaine nous paraît donc tout de suite plus accessible.

Ainsi, le fait de rencontrer un psychologue noir ferait tomber les barrières concernant le champ de la psychologie. D’ailleurs, une fois la peur de consulter un psychologue dépassée, de nombreux patients sont satisfaits d’avoir franchi le pas.

En ce qui me concerne, les choses ne sont pas aussi délimitées. Je ne pense pas que dans le domaine de la psychologie il doive y avoir un appariement selon l’origine ethnique. Non. Et dans ma pratique quotidienne, bien au contraire et pour mon plus grand plaisir, j’accompagne des personnes de toutes origines : des Blanc.h.es., des Maghrébin.e.s, des Asiatiques, des Métis.s.es et des Noirs bien sûr. 

Quid des Maghrébins, des Asiatiques, etc. ?

«Ça fait longtemps que je voulais consulter. Et je voulais absolument un.e psychologue d’origine japonaise comme moi. Mais quand je vous ai entendue dans « Kiffe ta race », je me suis reconnue dans ce que vous disiez et je me suis dis que c’est vous qu’il me fallait »

Alors s’il y a autant d’arguments pour consulter un thérapeute noir quand on est Noir, je peux extrapoler et me demander si cela ne devrait pas être le cas pour les patients d’origine maghrébine qui voudraient un thérapeute Maghrébin ; des patients d’origine asiatique qui voudraient un thérapeute Asiatique, etc.

Une femme d’origine japonaise m’a dit : « ça fait longtemps que je voulais consulter. Et je voulais absolument un.e psychologue d’origine japonaise comme moi. Mais quand je vous ai entendue, je me suis reconnue dans ce que vous disiez et je me suis dis que c’est vous qu’il me fallait ». Des patients de toutes origines se reconnaissent en moi et viennent me consulter. Il n’y a pas plus grande gratification pour moi. Ce que j’en comprends, c’est que ma qualité de femme racisée (ou racialisée) est perçue comme un indice d’ouverture sur l’autre et de sa compréhension. En tant que personne non blanche, je suis donc perçue plus facilement comme une alliée par les toutes les personnes non blanches quelle que soient leurs origines.

Par ailleurs pour moi, ce n’est pas parce que l’on est Noir que l’on va forcément comprendre et être efficace pour accompagner un patient noir. Car bien évidement, il y a des thérapeutes Noirs, des Maghrébins ou autres qui n’en n’ont rien à faire de ces questions-là. En tant que patient, il faut pouvoir s’autoriser à changer de thérapeute si celui-ci ne nous convient pas.

Pour conclure, à la question « Faut-il un psychologue noir pour les patients Noirs ? » la réponse serait « oui, si c’est ce que veut le patient ». Car après tout, le patient consulte lorsqu’il a des difficultés et une souffrance qu’il veut dépasser. Pour cela, il a besoin d’être à l’aise et de se sentir compris par son thérapeute. Et l’origine ethnique de celui-ci peut entrer peut être perçu, à tort ou à raison, comme un indice d’une meilleure compréhension.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Dites-moi ce que vous en pensez en commentaires.

En attendant, prenez soin de vous.

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J’ai peur de consulter un psychologue

Cette phrase, je l’entends souvent… « J’ai peur d’aller voir un psychologue et pourtant je sens que j’en ai besoin« . 

La consultation d’un psychologue n’est pas réservée qu’à ceux qu’on appelle « fous ». En réalité, tout le monde peut avoir besoin d’aller voir un psychologue à un moment donné dans sa vie. Le psychologue permet la libération de la parole, il permet d’explorer et de soulager la souffrance psychique. Il peut aussi tout simplement soutenir et accompagner une personne dans son cheminement vers ce qui la rendra plus heureuse. 

Cette peur d’aller voir le psy se retrouve chez tout le monde et dans la communauté africaine en particulier. Culturellement et traditionnellement quand une personne va mal, on va voir le marabout, le curé ou l’imam. La famille et l’entourage est également très présent donc on est « soutenu » au sens propre comme au sens figuré. Dans les pays occidentaux, la famille et la communauté au sens large étant moins présents, la solitude ne permet pas ce soutien ni le soulagement de la souffrance psychique. On ne parle pas et on n’en parle pas. C’est là où l’on somatise, les choses s’expriment par notre corps… on va mal. 

Oser demander de l’aide n’est pas signe de faiblesse, au contraire ! Il faut trouver cette force d’appeler ce psychologue dont on vous a parlé. Aller au premier rendez-vous… C’est le premier pas qui est le plus difficile. 

« J’ai peur d’être jugé.e« , « j’ai peur de choquer« , « j’ai peur du ridicule« , « j’ai peur de me dévoiler« , « j’ai peur de ne pas y arriver« … ces peurs sont tout à fait normales. Mais nous sommes formés à les écouter et à vous aider à les dépasser.

Quelle que soit cette raison qui fait que vous avez envie/besoin de consulter pour vous ou un membre de votre famille… N’ayez plus peur et faites le premier pas.

Le psychologue est soumis au secret professionnel, rien de ce que vous direz ne sera dévoilé à qui que ce soit.

Osez faire le premier pas.

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Podcast : Intime & Politique, documentaire « La fille sur le canapé »

Les violences sexuelles et sexistes font des ravages dans tous les milieux, y compris au sein de la population noire.

Axelle Jah Njiké fait partie de celles qui agissent pour dénoncer ces crimes. Elle a récemment écrit et réalisé le documentaire audio « La fille sur le canapé », diffusé par le podcast « Intime et Politique », produit par « Nouvelles Ecoutes ».

J’ai participé au Chapitre IV intitulé « réparer l’intime » pour parler de l’importance de consulter un.e psychologue et surtout de l’impact de l’entourage face à ces événements douloureux.

Les 10 épisodes sont entièrement disponibles sur toutes les plateformes d’écoute.

Attention : Ce documentaire aborde la thématique des violences sexuelles sur mineures. Il est parfois difficile à écouter. Assurez-vous de le faire dans les meilleures conditions possibles.

Axelle Jah Njiké est une autrice féministe franco-camerounaise & créatrice de podcasts.

Administratrice au sein du Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles féminines, le GAMS1, elle a créé en 2015 le site Parlons plaisir féminin.

En 201, elle crée le podcast « Me, My Sexe and I » qui traite de la sexualité, du vécu et de l’intimité des femmes noires.

Interview pour France Tv Sport : le racisme dans la danse classique

J’ai eu le plaisir de répondre aux questions de Appolline Merle, journaliste pour France TV Sports sur la question du racisme dans le monde de la danse classique.

Les actes et comportements racistes n’épargnent aucun milieu. Le 28 décembre dernier, Chloé Lopes Gomes, danseuse classique au StaatsBallett de Berlin, a confié avoir été victime de racisme. Un témoignage qui n’est pas isolé dans ce milieu où la majorité des danseurs sont encore de couleur blanche.

Pourquoi il y a très peu de personnes noires dans ce milieu ? Quel est le poids des stéréotypes des préjugés ? Quelles conséquences lorsque l’on dénonce des comportements racistes dans un milieu élitiste ?

Réponses dans l’article ici.

Et vous, avez-vous une expérience du racisme dans le sport ? Dites-moi tout en commentaires.

Prenez soin de vous.

Interview pour Marie Claire : « Ce que font les psys pour se changer les idées ».

Cette semaine, j’ai eu le plaisir de répondre aux questions de Manon Dambrine, journaliste chez Marie Claire, à propos de ce que font les psys pour se changer les idées.

Pour ma part, je fais plein de choses mais l’activité que j’aime le plus, c’est le crochet. Activité qui semblerait un peu vieillotte pour certains, mais qui est en réalité très dynamique. Comme le tricot. Personnellement, j’aime beaucoup car c’est une activité qui permet d’exprimer notre côté artistique tout ayant des vertus thérapeutiques.

Voici ce que j’ai répondu :

« Pour me changer les idées, j’écoute des podcasts, je regarde des séries, je vais marcher et quand je peux, je fais du crochet. J’ai appris le crochet quand j’étais très jeune et j’ai repris quand j’étais enceinte de mon premier enfant. Depuis, je crée des couvertures pour mes deux enfants, des bonnets et des écharpes pour l’hiver. C’est une activité qui me permet de me déconnecter du monde numérique, de me centrer totalement sur soi. J’aime travailler de belles matières comme la laine, les mérinos, les fils à base de lin, et j’ai la satisfaction de voir un article créé à partir d’un seul fil« .

Les articles que je crée sont aussi un témoignage du temps qui passe, des journées ou soirées que j’y ai consacrées et renferment les pensées et émotions que j’ai eues à ce moment-là. Je recommanderai la pratique du crochet ou du tricot comme activité thérapeutique. 

Du point de vue de la psychologie, je pense qu’elle est utile dans la gestion des angoisses et du stress. En ralentissant le rythme et en pratiquant des gestes de plus en plus automatiques, elle permet de laisser libre cours à nos pensées et de laisser place à l’introspection. Du point de vue des compétences techniques, le crochet ou le tricot permettent de travailler la dextérité ainsi que les mathématiques et la géométrie ».

Bonus : voici la couverture que j’ai faite pour la naissance de ma fille :

Pour savoir ce que font les autres psychologues, allez lire l’article !

Et vous, que faites-vous pour vous changer les idées ? Dites-moi tout en commentaires.

Prenez soin de vous.

Ma participation à une vidéo pour Brut.

Ce mois-ci, j’ai et l’immense plaisir et honneur de répondre aux questions de Keyla Soulez Siar, journaliste chez Brut. face caméra, sur le racisme ordinaire.

Cliquez ici pour voir la vidéo.

N’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé en commentaire.

Prenez soin de vous.